4 juillet 2014

Films vus par moi(s) : juillet 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Reunion / L'ami retrouvé (Jerry Schatzberg, 1989) **
Un beau film sur le parcours d'une amitié confrontée à l'Histoire, celle de deux lycéens allemands à Stuttgart au début des années 30, l'un petit bourgeois juif, l'autre aristocrate aryen. Construit autour d'un long flashback encadré par deux parties modernes, les quelques effets stylistiques simplistes qui l'alourdissent ne réusssissent pas à en affaiblir l'ensemble, qui se cristallise en un final bouleversant. Harold Pinter en a écrit le scénario. BR Fr

The Bling Ring (Sofia Coppola, 2013) ***
A Los Angeles, quatre filles et un garçon high schoolers s'introduisent dans des maisons de people pour voler des fringues et accessoires de luxe. D'après une affaire réelle, un film cool et souvent drôle mais au propos sérieux et désabusé sur la fascination pour le paraître et la célébrité dont souffrent irrémédiablement certains ados d'aujourd'hui (et leurs modèles), manipulés par les médias. Un étonnant mélange de vacuité et de profondeur. BR Fr

Dawn of the Planet of the Apes /  La Planète des Singes : l'affrontement (Matt Reeves, 2014) **
Une fois qu'on a salué les dėcors, les CGI et la Motion Capture, vraiment remarquables, on regrette le formatage industriel du scėnario (les bons, le méchant, la famille) et le manque total de charisme des personnages humains et des acteurs qui les incarnent. Il n'y a plus de surprise et on s'étonne de s'ennuyer, le comble avec un sujet pareil. Bien moins bon que le prėcėdent mais les singes valent quand même le détour, donc **. Cinėma

How to train your dragon 2 / Dragons 2 (Dean DeBlois, 2014) ***
Ce deuxième volet suit le chemin d'un scėnario convenu (menace, conflit, triomphe) mais offre une suite ininterrompue de moments de bravoure visuels, que ce soit dans l'animation de l'action et des voltiges ou, plus encore, dans les formidables dėcors, tous plus exaltants les uns que les autres. En 3D, le spectacle est complet. Un tour de force technique qui rėussit aussi à laisser passer une certaine ėmotion. Cinėma 3D

Trolljegeren / Troll hunter (André Ovredal, 2010) *
Un found footage de trois étudiants qui suivent un chasseur de trolls en Norvège. Le déséquilibre du concept pose problème (on navigue sans cesse entre le réalisme horrifique du genre et le grotesque des trolls géants) mais il faut reconnaître que la satire de la culture et de la société norvégiennes est bien vue et que les décors naturels (fjords, forêts, toundra), rarement exploités au cinéma, sont intéressants. Bancal mais sympathique. BR Fr    

Silver linings playbook / Happiness therapy (David O. Russell, 2012) **
Une comédie romantique réussie dont l'originalité est que les deux protagonistes (Bradley Copper et Jennifer Lawrence, très bons) ont des problèmes psychiques. Le postulat plutôt douteux (la maladie mentale comme source de comédie) fonctionne grâce à la tendresse du point de vue et au tact de l'écriture qui évoque sans sensationnalisme des pathologies complexes. Mention aux seconds rôles, Robert de Niro et Jacky Weaver. BR Fr

Lore (Cate Shortland, 2012) ***
Mai 1945 : juste après l'effondrement du Reich, une adolescente et ses quatre jeunes frères et soeurs dont les parents nazis ont fui, traversent l'Allemagne rurale pour aller chez leur grand-mère près d'Hambourg. Sur un schéma de film post-apocalyptique, un puissant drame de la destruction de l'innocence et des idéaux. A la fois sensible, brutale et (trop ?) magnifiquement photographiée, l'odyssée implacable d'une révélation. DVD Z2 Pays Bas 

Only lovers left alive (Jim Jarmusch, 2013) *
La tranche de vie d'un couple de vampires séculaires. Les bons points : l'atmosphère nocturne de Detroit à l'abandon et de Tanger moite, la beauté de la photo, le look archistylé de Tilda Swinton (fascinante comme toujours). Les mauvais points : le scénario sans direction et l'omniprésence de l'élément musical (le vampire est un musicos alternatif), insipide et forcé, qui sert les obsessions de Jarmusch mais rien d'autre. Ennui poli donc. BR Fr

Bird people (Pascale Ferran, 2014) ***
A l'hôtel Hilton de l'aéroport CDG, un businessman californien fait un burn-out tandis qu'une étudiante femme de chambre s'ennuie d'un quotidien monotone. A partir de ces deux personnages (les acteurs sont excellents), Pascale Ferran dresse avec subtilité un état de la civilisation contemporaine. A mi-chemin, une échappée inattendue vers le fantastique fait basculer le film vers le conte dans un geste d'une sublime poésie. Admirable. Cinéma  

A hard day's night / Quatre garçons dans le vent (Richard Lester, 1964) **
L'insouciance est à son maximum avec cette pochade minimaliste (une journée des Beatles avant un show TV) qui multiplie les situations loufoques. John, Paul, George et Ringo s'amusent à se jouer avec un humour absurde tout british. Ils chantent aussi quelques tubes of course. Les meilleures scènes sont celles avec les jeunes fans hystériques et la promenade solitaire de Ringo. Très original à l'époque et d'un autre temps aujourd'hui. BR US

I am Divine (Jeffrey Schwarz, 2013) **
Un doc de facture classique, plein de témoignages de proches et de documents d'archives, sur la vie (un peu) et la carrière (beaucoup) d'Harris Glenn Milstead (1945-1988) aka. Divine, la star des meilleurs films de John Waters. Du garçon timide et enrobé de Baltimore à l'outrageuse drag queen obèse des clubs de NY et des plateaux de Hollywood, une histoire d'éclosion, de génie créatif et de provocation anarchiste. Il/Elle me manque. DVD Z1 US 

2 commentaires:

  1. Bonjour Tom,

    Merci pour ton hommage à Divine. Elle me manque aussi. Quel personnage ! Une figure vraiment incontournable du cinéma américain indépendant des années 70-80, et plus généralement un monstre sacré LGBT.

    Mon p'tit hommage http://popkotidien.unblog.fr/2014/07/24/divine/

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  2. Merci Jordan,
    Il n'y a plus de personnalités comme Divine (du moins je n'en vois pas), à l'anarchisme culturel totalement sincère, c'est dommage.
    Je ne connaissais pas ton blog que je vais voir de près. TP

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