7 novembre 2014

Capture



Le monde du silence (Jacques-Yves Cousteau & Louis Malle, 1956)

2 novembre 2014

Films vus par moi(s) : novembre 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Au pan coupé (Guy Gilles, 1967) **
Le temps qui passe et les souvenirs qu'il sème, l'amour et son refus, la disparition et le deuil et surtout le mal de vivre et la mélancolie : les thèmes obsessionnels de l'oeuvre de Guy Gilles s'accordent dans ce moyen-métrage (68') aux images pictoriales et au montage alternant le passé et le présent. Patrick Jouané est le jeune anti-héros douloureux mais c'est Macha Méril, dans le beau rôle de son amoureuse meurtrie, qui illumine le film. DVD Z2 Fr 

Drum / L'enfer des Mandingos (Steve Carter, 1976) **
Cette variation sur l'excellent "Mandingo" de Richard Fleischer (1975) reprend le même acteur (le boxeur Ken Norton) dans le rôle d'un musculeux esclave vendu à un propriétaire du Sud (Warren Oates). La vie de la plantation y tourne entièrement autour des désirs sexuels entre maîtres et esclaves. Un pur film d'exploitation, camp, sexy et vulgaire, plein de l'outrance des personnages et des situations. Avec un beau final cathartique. BR US 

Seven wonders of the World / Sept merveilles du monde (Tay Garnett, Paul Mantz, Andrew Marton, Ted Tetzlaff & Walter Thompson, 1956) ***
Le meilleur travelogue Cinerama que j'ai vu. Les Sept Merveilles ne sont qu'un titre car il y a plein de de sites qu'on visite, des ponts de New York au Vatican (Pie XII), du Taj Mahal à Rio, du désert d'Arabie à Benares. Le tout est suprèmement Fifties, folklorique (les Geishas, la danse du Cobra...) et d'un colonialisme aux commentaires impossibles : "L'Afrique ne compte que 5 millions d'occidentaux pour 200 millions de noirs". J'en redemande. BR US (magnifique restauration, format Smilebox)

Ronal Barbaren / Ronal le Barbare (Kresten Vestbjerg Andersen, Thorbjorn Christoffersen & Philip Einstein Lipski, 2011) **
Un film d'animation danois, heroic-fantasy irrévérencieusement potache, sur un maigrichon qui tente de sauver, avec un copain obèse et une ado hyperactive, sa tribu de barbares culturistes et narcissiques capturée par un ennemi maléfique. Les grossièretés fusent comme les blagues sexuelles et le pastiche SM de The Lord of the Rings est plutôt amusant. La réalisation est efficace, les visuels aussi. Le genre de film vraiment rafraîchissant. BR 3D Fr

Night of the Demon / Rendez-vous avec la peur (Jacques Tourneur, 1957) **
Un psychologue américain (Dana Andrews) débarque en Angleterre pour une convention sur le paranormal et se frotte à un mystérieux sataniste. Un film fantastique d'atmosphère, à la photo de Film Noir, dont les scènes très réussies (le coup de vent, la forêt la nuit, la séance, l'intrusion dans le manoir...) compensent des dialogues un peu longs. Je me souvenais d'une apparition ridicule du démon : il y en a deux et elles ne le sont pas. BR Fr 

Au biseau des baisers (Guy Gilles, 1959) **
A Alger, le temps d'un dimanche d'été et d'une balade en scooter à la plage, l'amour d'un couple d'adolescents se fissure sereinement. Un court métrage de 18' où le soleil éclatant et les accords lyriques du piano s'ombrent d'une mélancolie douce sur la fugacité des émotions et du temps qui passe. Cet essai frais et plein de charme montre une Algérie française qui s'effaçait et le talent prometteur d'un jeune réalisateur qui allait monter à Paris. YouTube

Plynace wiezowce / Ligne d'eau / Floating skyscrapers (Tomasz Wasilewski, 2013) **
A Varsovie, les rudes conséquences de l'attirance mutuelle entre un nageur de compétition et un étudiant. Ce premier film à thématique gay sorti en Pologne bénéficie d'une bonne réalisation et de très bons acteurs. Son histoire, désespérée, qu'il faut replacer dans le contexte social et moral de la Pologne actuelle, a au moins vingt ans de retard sur les films à même sujet faits en Europe occidentale ou aux US. Une piqûre de rappel en sorte. BR UK   

Europa Report (Sebastian Cordero, 2013) *
Un petit film de SF du genre lost footage sur une mission spatiale de six astronautes disparue sur Europe, la lune glacée de Jupiter. Ce n'est pas le budget réduit qui pèche (presque tout se passe dans la cabine et le film est plutôt bien fait) mais le scénario qui accumule les dialogues simplistes, les fausses interviews qui sonnent artificielles et surtout, la fin et l'apparition de sa décevante créature. Dommage car il y avait tout pour faire bien mieux. BR Fr

Stalingrad (Fedor Bondarchuk, 2013) *
Pas du tout la grande fresque globale attendue mais la bataille de Stalingrad du point de vue d'une place de la ville, où russes et allemands se confrontent depuis deux bâtiments. Un film bizarre et foutraque (le début et la fin sont totalement hors propos) mais pas inintéressant, plein des ralentis putassiers des scènes d'action, de personnages sans épaisseur, de CGI, de romance et d'ambition dantesque. Le pendant russe au "Pearl Harbor" de Michael Bay. BR Fr

Das Cabinet des Dr. Caligari / Le cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene, 1920) ***
Peut-être le film le plus uniquement original de l'histoire du cinéma. Son histoire de folie, de meurtre et d'enlèvement et son scénario à surprises, qui ont ouvert la route à tant d'autres, sont intrigants en eux-mêmes mais c'est l'utilisation en profondeur des toiles peintes acérées comme décors expressionnistes qui le rendent, visuellement, inoubliable. Un hybride fascinant du cinéma, du théâtre, de la peinture et de l'Angst germanique. BR UK

Cloudy with a chance of meatballs / Tempête de boulettes géantes (Phil Lord & Chris Miller, 2009) *
Un jeune inventeur crée une machine à fabriquer de la junk food qui se détraque et fait pleuvoir à verse hamburgers, hot dogs, T-bones, ice creams, pancakes, donughts et Jell-O sur sa ville. L'amusante idée de se moquer de la frénésie de consommation alimentaire US est freinée par un scénario trop plat qui s'enlise sur la durée. C'est frustrant parce que la satire était bien trouvée et que l'animation dynamique et colorée est très chouette. BR 3D Fr

The pawnbroker / Le prêteur sur gages (Sidney Lumet, 1964) *
Un film douloureux sur la mémoire et les ravages de la culpabilité du survivant (un rescapé juif d'Auschwitz, prêteur sur gages à New York, s'est fermé à l'émotion et aux autres) dont le thème est traité, comme souvent dans le cinéma de l'époque, avec la main lourde et qui est cannibalisé par le jeu obscènement Actors Studio de Rod Steiger. Pas un mauvais film, loin de là, mais un film difficile à avaler. Formidables images des rues de Manhattan. BR US

Detachment (Tony Kaye, 2011) 0
Un écoeurant film à sujet sur un prof remplaçant (Adrien Brody en mode dépressif) envoyé dans une high school difficile de New York. Le suicide d'une élève, le pétage de plombs de la directrice, les provocations des jeunes à la dérive, les états d'âme des collègues, la rédemption de la petite pute, l'agonie du grand-père, les citations de Poe et de Camus : on a droit à tout ça. Avec en bonus, les maniérismes de la mise en scène. Nul. BR Fr

J'accuse (Abel Gance, 1919) **
Le cri de Gance contre la Grande Guerre. La célèbre dernière partie du film (au tournage commencé avant l'Armistice), symboliste et visionnaire - le retour des morts des tranchées - prend des accents hugoliens exaltants mais consomme sa rupture avec ce qui a précédé, un mélodrame plus banal. Le génial cinéaste, réussit néanmoins à donner un dynamisme aux trois heures de projection, aidé par son sens visuel et de bons acteurs tout en retenue. Ciné Concert à Pleyel (avec le nouvel accompagnement symphonique, lugubre et répétitif, de Philippe Schoeller) 

Absences répétées (Guy Gilles, 1972) ***
Le lente extinction d'un jeune homme que rien ni personne n'arrivent plus à retenir à la vie. Suprèmement mélancolique mais pas sentimental pour un sou, un film adolescent au ton et à la forme très originaux, passant du N&B à la couleur, de l'image mobile à la photo et porté par des acteurs parfaits (Patrick Penn, Patrick Jouané, Nathalie Delon entre autres). Le mal de vivre et du temps qui passe y sont poussés à leur point d'incandescence. DVD Z2 Fr

August: Osage County / Un été à Osage County (John Wells, 2013) **
Un psychodrame familial dont le scénario (une famille réunie pour quelques jours en Oklahoma opère son grand déballage de haines et rancoeurs) est seul prétexte au numéro de ses actrices. Meryl Streep cabotine à outrance mais se reprend dans une grande scène, féroce, de déjeuner. C'est Julia Roberts qui l'emporte, secondée par Julianne Nicholson et Juliette Lewis. Un women's picture de tradition classique, genre over the top presque disparu. BR Fr

Les Misérables (Albert Capellani, 1912) ***
La première des ambitieuses adaptations romanesques de Capellani, en quatre époques et près de trois heures, suit (assez) fidèlement les épisodes du roman de Hugo et bénéficie d'un très bon casting (notamment Henry Krauss en Valjean, Mistinguett en Eponine et les enfants). La réalisation dynamique - pour l'époque - et les multiples décors retiennent l'attention sur toute la durée. Un excellent muet qui démontre l'importance du cinéaste. Ciné Fondation Seydoux-Pathé (avec un bon accompagnement au piano de deux élèves du Conservatoire en classe d'improvisation de Jean-François Zygel) 

4 octobre 2014

Films vus par mois(s) : octobre 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

L'amour à la mer (Guy Gilles, 1963) ***
Il y avait longtemps que je n'avais pas découvert avec tant de bonheur un réalisateur et un film. Cette promenade poétique, sensuelle, nouvelle vague et formellement inventive entre un marin appelé à Brest et sa petite amie restée à Paris, partiellement racontée en voix off et pleine de trouvailles, révèle un talent vraiment unique. Un ton, des images, une liberté d'écriture et une profondeur discrète qui m'ont enthousiasmé et ému. DVD Z2 Fr 

King of Kings / Le Roi des Rois (Nicholas Ray, 1961) **
La vie de Jésus (Jeffrey Hunter, yeux azur et aisselles rasées) dans une superproduction de 3h de Samuel Bronston. Malgré les maniérismes inhérents au sujet (la dignité ampoulée des postures et des dialogues), le choix de s'attacher à l'humanité du Christ est payante. Il y a bien des problèmes de rythme (les digressions autour de Salomé) mais la mise en scène et la musique savent faire monter l'émotion aux moments attendus. BR US

Eastern boys (Robin Campillo, 2013) ***
Construit en séquences chapitres superbement mises en scène, une histoire de solitude, d'attachement et de survie autour d'un tapin ukrainien de la Gare du Nord, de son gang et d'un client taciturne. De l'étrange soirée forcée du début au suspense de thriller de la fin, le film prend des voies inattendues et pose un regard franc sur les multiples sujets qu'il évoque. Les acteurs sont tous excellents. Un drame romantique contemporain qui ne dit pas son nom. BR Fr 

Edge of tomorrow (Doug Liman, 2014) *
Un film de SF construit sur sa seule idée de scénario (adapté d'un roman pour ados japonais), celle d'allers-retours temporels de son héros entre une caserne et un champ de bataille avec des aliens à tentacules. Le procédé intrigue puis, étiré sur toute la durée, finit par casser les pieds. Deux choses pas mal : l'actualisation astucieuse du Débarquement de Normandie et Tom Cruise au début du film dans son rôle à contre-emploi de militaire trouillard. BR Fr

Maleficent / Maléfique (Robert Stromberg, 2014) **
Le point de vue révisionniste sur l'histoire de la Belle au Bois Dormant et la personnalité de sa formidable méchante est intéressant et plutôt bien mené. Si le kitsch des décors en CGI et de certaines créatures dignes des Minimoys fait mal aux yeux, tout ça est oublié quand apparaît Angelina Jolie, absolument géniale dans le rôle de Maléfique. Un vrai conte de fées de cinéma, un genre devenu trop rare pour bouder son plaisir. BR 3D Allem

Game change (Jay Roach, 2012) **
Les conséquences du choix de l'improbable Sarah Palin comme co-listière de John McCain lors de la campagne présidentielle US de 2008. Un téléfilm HBO qui décortique - à charge évidemment - les coulisses de la politique showbizz américaine et l'outrance d'une candidature désastreuse. Julianne Moore, inspirée, est une Sarah Palin plus vraie que nature. Woody Harrelson et Ed Harris sont de la partie. Une passionante vue des coulisses. BR US

The Hunger Games : Catching fire / Hunger Games : L'embrasement (Francis Lawrence, 2013) ***
Le deuxième épisode de la franchise reprend la structure, les principaux personnages et les enjeux du premier mais ajoute une dynamique de révolte qui fait évoluer l'arc narratif. Toujours un peu trop long (2h30), le film reste excitant et spectaculaire et évite de justesse le sentiment de répétition. Le casting haut de gamme est évidemment un atout majeur. Du très bon cinéma d'aventures, étonnament sombre et plein de références bien amenées. BR Belg  

Nymphomaniac, vol. 1 & 2 (Lars von Trier, 2013-2014) **
La longue confession (4h en tout, version soft) d'une nymphomane à un inconnu. Construit en flashbacks chapitrés, le film le plus cérébral et le moins sensuel de von Trier examine une pathologie méconnue et plonge dans les abysses de l'autodestruction. Avec pas mal d'humour (noir) et de misanthropie. Charlotte Gainsbourg est comme toujours fascinante mais la révélation est la débutante Stacy Martin dans le rôle de ses jeunes années. BR Fr

Tonnerre (Guillaume Brac, 2013) *
Dans l'hiver bourguignon, un musicien en bivouac chez son père a une liaison avec une jeune fille de la région. Un film d'atmosphère naturelle (la neige, la pluie, la province) et psychologique où la tendresse de la première partie cède à la violence de la seconde. Vincent Macaigne est excellent dans le rôle d'un ado attardé qui perd le contrôle mais en fin de compte, on a l'impression d'avoir vu ça plein d'autres fois. Mais pas en Bourgogne. DVD Z2 Fr

Juggernaut / Terreur sur le Britannic (Richard Lester, 1974) *
Un film culte de mon enfance (fil bleu ? fil rouge ?) qui n'a pas tenu son statut. Un terroriste place sept bombes à bord d'un paquebot que commande Omar Sharif. Richard Harris, chef artificier, tente de désamorcer le mécanisme. Les vues du navire malmené par la houle sont puissantes mais les personnages sont si peu écrits et le danger si pauvrement évoqué qu'on ne s'intéresse que de loin à ce tout qui arrive, malgré le suspense. BR US

The Hunger Games / Hunger Games (Gary Ross, 2012) **
Dans un futur proche aux USA, le pouvoir central organise un show TV où des ados s'entretuent dans une forêt. Je m'attendais à un produit de série et j'ai été agréablement surpris de découvrir un film d'aventures bien ficelé (quoique trop long), tendu et qui soulève de bonnes questions sur la télé-réalité. Jennifer Lawrence, formidable, apporte une étonnante solidité à son personnage et contribue beaucoup à la réussite. Une bonne surprise. BR Fr

Midnight cowboy / Macadam cowboy (John Schlesinger, 1969) ***
Cette touchante histoire d'amitié entre deux paumés sur le pavé de Manhattan, l'un prostitué de province, l'autre embrouilleur du Bronx, tient par la présence et le jeu de Jon Voigt et de Dustin Hoffman et l'humanité qui se cache derrière la misère (je ne me souvenais plus à quel point c'est un film triste). New York en 1968 crève aussi l'écran, du rade à la party warholienne, des slums à la 5e Avenue. Et avec tous ces seconds rôles en or ! BR Fr 

Les garçons et Guillaume, à table ! (Guillaume Gallienne, 2013) **
Le premier quart d'heure m'a fait craindre le pire avec sa suite de courtes scènes, ses allers-retours entre cinéma et théâtre, le jeu forcé et égotiste de Gallienne en lui-même. Après, l'originalité de l'écriture, l'humour tendre et l'émotion sincère qui surgissent régulièrement ont réparé les dégâts. Mais cet exercice d'art et d'autoanalyse sur l'identité sexuelle et le rapport à la mère me met assez mal à l'aise par son exhibitionnisme extrême. BR Fr

Sweet home Alabama / Fashion victime (Andy Tennant, 2002) 0
Si le titre français ne veut rien dire du film, le titre original le condense tout entier : la grande ville (New York) est un mirage et seules comptent les racines. Une jeune créatrice (Reese Witherspoon égale à elle-même) revient dans son bled d'Alabama pour divorcer de son plouc de mari afin d'épouser un notable de NY. Dès le début, on voit venir la fin démagogique et réactionnaire. Cliché comme tout, le film a eu son succès attendu. BR Fr

The conversation / Conversation secrète (Francis Ford Coppola, 1974) ***
La mise en scène assurée de Coppola qui joue magistralement avec les plans larges, moyens et rapprochés (et la bande son) est la véritable raison d'être de ce thriller existentiel sur un spécialiste de la surveillance audio (Gene Hackman, excellent) pris au piège de sa mission et de sa conscience. Un film plein de menaces, bien de son époque, et qui a résisté au temps parce qu'il garde pour lui une partie des questions qu'il soulève. BR Fr

Dracula (John Badham, 1979) *
Une adaptation sérieuse de Bram Stoker qui se concentre sur la seconde partie de l'histoire (l'Angleterre). Les décors rappellent ceux de la Hammer en plus riches et la photo toute en gris-vert est assez réussie. Cela aurait pu être un bon film mais il manque quelque chose dans la mise en scène et surtout Frank Langella (affublé d'un brushing ridicule) est un Dracula terriblement fade qui tire l'ensemble vers le bas. Une occasion manquée. BR Fr 

Adore / Perfect mothers (Anne Fontaine, 2013) **
Sur la côte sud-est australienne, deux amies d'enfance, bourgeoises quadragénaires, deviennent les maîtresses de leurs fils respectifs. D'après une nouvelle de Doris Lessing, un drame de moeurs à la photo soignée qui dissèque les effets d'un passage à l'acte proche du tabou mais qui tient le spectateur trop à distance émotionnelle de ses personnages pour convaincre pleinement. Les acteurs sont très bons, notamment Robin Wright. BR Fr

28 septembre 2014

Heroes of mine : Fréhel


Fréhel (1891-1951)

Ce n'est pas parce que la maison de sa grand-mère où elle passa sa petite enfance est à quelques minutes à pied de ma propre maison de famille en Bretagne que j'aime Fréhel. Mais ça y fait. Une plaque sur le mur et le nom de la ruelle commémorent son passage là-bas (dans le Finistère Nord, à Primel-Trégastel) et je ne manque jamais d'y aller quelques moments quand je suis dans le coin.

Fréhel. Sa vie vagabonde, sa voix quand elle chante et quand elle parle, sa présence physique dans les quelques documents qui traînent sur elle et surtout dans les films où ses apparitions sont toujours terrassantes font qu'elle reste, malgré les décennies qui passent et l'éloignent, l'une des personnalités les plus miraculeuses de l'art populaire français, music-hall, chanson et cinéma.

Tout chez elle me fascine : ses identités (la petite Marguerite Boulc'h, la débutante Môme Pervenche, la grande Fréhel), ses transformations physiques, de la beauté courtisane des années 1910 à la matronne prématurément bouffie des années 1930 et 1940 et sa trajectoire privée et professionnelle qui boucla une boucle de la misère au caniveau en passant par l'argent et la gloire, l'alcool et la coco. Et sa voix, cette voix !


Quand elle s'emparait d'une chanson, d'un réalisme poétique et dramatique qui était la signature de son époque, elle ne se contentait pas de l'interpréter, elle la vivait et elle la combattait. Combien aurais-je donné pour avoir la chance de la voir sur scène, à Bobino ou au Boeuf sur le Toit, et peut-être plus encore, sur les estrades de ces fêtes foraines et bals populaires où elle se sentait tellement chez elle. Elle commençait parfois un tour de chant par une adresse aux clients : "Fermez vos gueules, j'ouvre la mienne !".


J'écoute souvent les disques que j'ai d'elle (notamment les trois CD indispensables de la collection Chansophone), je ne m'en lasserai jamais. Ses titres sont des programmes, surtout ceux des années 30, son âge d'or : "L'obsédé", "La coco", "Les filles qui la nuit", "Sous la blafarde", "Pauvre grand", "A la dérive", "La peur", "Maison louche". Ces chansons sont sans doute plus oubliées que son plus grand succès, "La java bleue", qui est entraînante, facile et légère. Celles-là sont sombres, terribles, sublimes. Ce sont des histoires qui s'ouvrent et se referment sur leur abîme en trois minutes. La voix et le phrasé de Fréhel les haussent au niveau de la Tragédie. Elle seule a su faire ça (pardon, Damia !).


Et quand les chansons ne suffisent pas, quand on veut revoir Fréhel (parce que Fréhel se voit tout autant qu'elle s'écoute), il suffit de se repasser ses quelques scènes du "Roman d'un tricheur" (Sacha Guitry, 1936) ou de "Pépé le Moko" (Julien Divivier, 1937). Quand elle est à l'écran, elle réussirait à éclipser Guitry, Gabin, Balin et les autres. Les seconds rôles qu'elle eût au cinéma furent tous de premier choix.


dans "Pépé le Moko", elle fredonne et pleure en écoutant
sa propre chanson "Où est-il donc ?" sur un grammophone 

Fréhel est morte en 1951, elle avait 59 ans et elle avait usé sa corde par les deux bouts. Il paraît que sa tombe au cimetière de Pantin est parfois fleurie. Je n'y suis jamais allé.

PS : Merci à Violaine Schwartz pour sa déclaration passionnée à Fréhel dans son beau livre "Le vent dans la bouche" (POL, 2013). 

13 septembre 2014

I lock my door upon myself


Norma Jeane Baker referme la porte sur Marilyn Monroe
dans "The Misfits" (John Huston, 1961)

7 septembre 2014

Masterpiece Lost

Après avoir vu récemment le médiocre "The Monuments Men" (George Clooney, 2013), je me suis interrogé sur les trois tableaux disparus que je regrette le plus, ceux pour lesquels je serais allé jusqu'à me déplacer spécialement pour les voir sur leur site de conservation, si c'était encore possible.

Difficile question à priori, les titres des chefs-d'oeuvre invisibles, volés ou détruits, forment une longue litanie de fantômes. Mais puisque je me suis arbitrairement fixé le nombre de trois, après réflexion qui n'a finalement pas pris longtemps (les trois peintures ci-dessous se sont imposées en moins de deux), les voici, dans l'ordre alphabétique des noms de leurs auteurs :

Les Casseurs de Pierres (Gustave Courbet, 1819-1877)
1849 / huile sur toile / 159cm x 259cm

Anciennement au Musée des Beaux-Arts de Dresde (Allemagne) / Gemäldegalerie Neue Meister, Staatsliche Kunstsamlungen. Détruit dans la nuit du 13 au 14 février 1945 lors du bombardement de Dresde.


L'audace du très grand format pour manifester de la condition ouvrière. La force de la composition dynamique et des poses laborieuses. La splendeur de la gamme chromatique. L'universalité et la dignité de l'image.

La Nativité avec Saint François et Saint Laurent (Caravage, 1571-1610)
1609 / huile sur toile / 298cm x 197cm

Anciennement à l'Oratoire de San Lorenzo de Palerme (Sicile). Volé sur commande le 18 octobre 1969 par des criminels mafieux, abîmé et vraisemblablement brûlé la même année.


Le clair-obscur qui creuse l'espace à la composition éclatée. L'irruption du divin (l'ange) dans le quotidien contemporain (la vérité des modèles). L'inoubliable figure du jeune homme aux cheveux blonds à droite.

Nous Trois / Wir Drei (Philipp Otto Runge, 1777-1810)
1805 / huile sur toile / 100cm x 122cm

Anciennement à la Kunsthalle de Hambourg (Allemagne). Détruit le 6 juin 1931 dans l'incendie du Glaspalast de Munich (Allemagne) lors de l'exposition temporaire "Oeuvres des Romantiques Allemands, de Caspar David Friedrich à Moritz von Schwind".


Daniel (le frère du peintre), Pauline (la femme du peintre) et Philipp (le peintre). Le romantisme bouleversant d'un des plus beaux autoportraits de groupe de l'histoire de la peinture. Les liens ambigüs du coeur et du sang.

et en bonus :

Le Pigeon aux Petits Pois (Pablo Picasso, 1881-1973)
1911 / huile sur toile / 64cm x 53cm

Anciennement au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Volé dans la nuit du 19 au 20 mai 2010. Le receleur arrêté a dit qu'il avait jeté le tableau endommagé lors du transport (avec quatre autres tableaux volés en même temps) dans une benne à ordures. L'enquête n'a pas permis de savoir si c'est vrai ou faux.


C'est pas un de mes tableaux préférés mais c'est une oeuvre que j'aimais et connaissais bien car je la présentais souvent lors des visites guidées au musée (la dernière fois quelques jours avant son vol). Elle était d'approche pédagogique facile pour expliquer le Cubisme Analytique.

6 septembre 2014

Films vus par moi(s) : septembre 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

The Matador (Stephen Higgins & Nina Gilden Seavey, 2008) **
Entre 2003 et 2005, le quotidien d'un matador espagnol de 21-23 ans, David Fandila, dit El Fandi (né en 1981). Les séquences avec sa famille montrent le gamin qu'il est resté, celles dans les arènes le showman (un peu trop) qu'il est devenu. Il est aujourd'hui le plus important des matadors d'Espagne. Le doc est un peu "La corrida pour les nuls" mais les scènes où la caméra mobile suit l'homme et la bête au combat sont impressionnantes. BR US

Simon Killer (Antonio Campos, 2012) *
Un étudiant américain paumé (Brady Corbet) de passage à Paris rencontre une hôtesse de bar et plonge avec elle dans une spirale destructrice. Cette pure étude de caractère, crue et étouffante, exploite les images hors focus du Paris nocturne et la musique alternative pour évoquer un cas psychiatrique borderline. C'est assez réussi et les acteurs sont excellents mais il manque un véritable enjeu scénaristique pour que le film décolle. BR UK

Richard III (Laurence Olivier, 1955) ***
Laurence Olivier adapte en 2h40 la pièce de Shakespeare et s'approprie le rôle du Duc de Gloucester qui s'empare par la ruse et le meurtre du trône d'Angleterre avant de tomber de cheval. Un triomphe de mise en scène qui hybride cinéma et théâtre, semblant comme animer des miniatures médiévales dans un splendide Technicolor. Olivier, fabuleux, est le Richard III définitif, un méchant archétypique inoubliable. Un chef-d'oeuvre. BR UK

Keep the lights on (Ira Sachs, 2012) **
Inspiré par la vie privée du réalisateur, la chronique de dix ans de la relation d'un couple gay à New York, dont l'un des partenaires a une addiction à la drogue. Un film intimiste, sensuel et douloureux, qui se concentre sur le point de vue de l'avatar de Sachs (interprété par le danois Thure Lindhardt, très bon). Ca pourrait être n'importe quel couple, gay ou hétéro car les thèmes abordés sont universels. De toute évidence le réalisateur aime Bergman. BR UK

The look of love / A very englishman (Michael Winterbottom, 2013) 0
Paul Raymond (1925-2008) fut l'homme le plus riche de Grande-Bretagne grâce à ses clubs de Soho et ses magazines érotiques. Le film raconte son histoire de 1960 à 1992 entre ses affaires, ses aventures et son échec avec sa fille. Steve Coogan est bon dans le rôle et les showgirls peu vêtues mais tout est dans la surface, la réalisation est amorphe et j'ai laissé tomber au bout de 45 minutes. A mille lieues de l'excellent "Larry Flynt" de Forman. BR Fr

Lektionen in Finsternis / Lessons of darkness / Leçons de ténèbre (Werner Herzog, 1992) **
Pas exactement un doc mais une capture lyrique des images des feux du Koweit après la Première Guerre du Golfe. Le survol en hélicoptère de Koweit City puis du désert ravagé par les traces du conflit, le pétrole et ses puits en feu font partie de ce qu'Herzog a fait de plus exaltant. Le tout sur la musique de Wagner, Pärt, Grieg, Mahler... C'est presque de la science-fiction, c'est beau et c'est terrible. C'est aussi germaniquement romantique. BR US

The boys from Brazil / Ces garçons qui venaient du Brésil (Franklin J. Schaffner, 1978) *
Très déçu à la revoyure. Une idée prometteuse (Mengele, réfugié au Paraguay, a créé des enfants clones d'Hitler que d'anciens nazis ont implantés dans tous les pays occidentaux). Mais hélas, la morne platitude de la réalisation et le surjouage grossier des vieux Gregory Peck et Laurence Olivier plombent le film qui a aucun moment ne s'élève au niveau de l'excitant thriller qu'il aurait du être. Une occasion ratée, un classique avorté. BR UK

Maps to the stars (David Cronenberg, 2014) ***
Derrière la comédie hystérique sur la faune d'Hollywood se cache un drame - presqu'une tragédie classique - d'une terrible lucidité sur le poison mortel des secrets de famille. Plusieurs personnages, tous formidablement joués (Julianne Moore, Mia Wasikowska), s'y croisent et s'y brisent sur un excellent scénario d'une subtile violence psychologique et physique qui appartient en plein à Cronenberg. Une fable où le soleil de L.A. se révèle un trou noir. BR Fr 

The gang's all here / Banana split (Busby Berkeley, 1943) ***
Peu de musicals ont une intrigue plus légère que celui-ci mais l'exubérant délire Technicolor des numéros musicaux, la caméra virevoltante de Berkeley et la présence de la tornade Carmen Miranda le portent au Panthéon des films d'insouciance. Une vingtaine de minutes flanchent au milieu mais pour le reste, il suffit de se laisser emporter. Et puis Eugene Pallette, Edward Everett Horton, Charlotte Greenwood et Alice Faye quoi ! BR UK

Wrath of the Titans / La colère des Titans (Jonathan Liebesman, 2012) 0
La suite du "Choc des Titans" (Leterrier, 2010) est toute aussi mauvaise. Persée, Andromède et quelques autres descendent au Tartare pour délivrer Zeus des griffes de Chronos. Certains décors et visuels CGI sont spectaculaires mais le scénario inepte, qui accumule scènes de baston individuelles et collectives, ruine tout début d'intérêt. Pas de magie, pas de poésie, pas de grandeur. La mythologie grecque rendue conne et vulgaire. BR 3D Ital  

Kean ou Désordre et génie (Alexandre Volkoff, 1924) **
Passées les longues vingt premières minutes (des scènes statiques de Roméo et Juliette), le film change de rythme et le dynamisme de la mise en scène (notamment deux formidables séquences : le tigre et la taverne), la beauté de la photo et surtout le charisme d'Ivan Mosjoukine, omniprésent à l'écran dans le rôle de l'acteur britannique, l'emportent. Jusqu'à l'interminable agonie du personnage. Romantique, comique, dramatique : un muet solide. DVD Z1 US

The Tillman story (Amir Bar-Lev, 2010) **
Le charismatique footballeur américain Pat Tillman stoppa sa carrière en 2002 pour s'engager dans l'armée. Lorsqu'il a fut tué en Afghanistan le 22 avril 2004, la machine de propagande militaire et politique de Bush décida d'en faire un héros. Mais sa famille, découvrant que sa mort ne s'était pas du tout passée comme annoncé, se lança dans un bras de fer pour que la vérité éclate. Un très intéressant doc sur les eaux troubles du mensonge d'Etat. BR US

The Galapagos affair : Satan came to Eden (Dayna Goldfine & Dan Geller, 2013) ***
Un doc sur le (mélo)drame qui s'est déroulé sur une île déserte des Galapagos entre 1929 et 1934. Un couple d'allemands qui s'y était réfugié pour fuir la société y fut rejoint par un autre couple puis par une baronne excentrique et ses deux amants. La cohabitation tourna à la déflagration. Illustrée par les photos et les films amateurs qu'ils firent eux-mêmes sur place, leur histoire évoque Defoe, Nietzsche et Agatha Christie. Fascinant. DVD Z1 US 

Nous ne vieillirons pas ensemble (Maurice Pialat, 1972) **
Des scènes de la relation abusive d'un couple illégitime dont l'homme (Jean Yanne, encore une fois révoltant dans un rôle basé sur Pialat lui-même) est ce qu'on ne nommait pas encore un pervers narcissique. Marlène Jobert est étonnamment convaincante dans celui de la maîtresse en amour et souffrance. Le film n'est pas dans mes favoris de Pialat mais il reste un morceau passionnant du cinéma adulte des années Pompidou. BR Fr

Yves Saint Laurent (Jalil Lespert, 2014) *
Un biopic terriblement académique qui n'entre à aucun moment dans le processus créatif de Saint Laurent ou le contexte de son époque mais qui ne fait qu'accumuler les épisodes de progression professionnelle et de désagrégation personnelle. Pierre Niney est surprenant de mimétisme mais cela ne suffit pas. Le beau rôle est donné à Pierre Bergé (Guillaume Gallienne) en amant gardien du temple. Un film "autorisé" plat et convenu. BR Fr

Salon Kitty (Tinto Brass, 1976) **
Trois avant son "Caligula", Tinto Brass revisitait l'Allemagne nazie par le petit trou (de la lorgnette) : un cabaret-bordel de Berlin où les dignitaires du régime sont espionnés. Beaucoup de fesses et de svastikas, de champagne et de bottes. Le début promet puis le scénario s'enlise mais le mauvais goût, la déco clinquante, la musique, Helmut Berger en SS et surtout l'inimitable Ingrid Thulin en Madame font que j'ai regardé tout ça bouche bée. BR US

The immigrant (James Gray, 2013) *
En 1921 (on a plutôt l'impression que c'est 1905), une jeune femme polonaise arrivée à Ellis Island tombe sous la coupe d'un souteneur. Un mélodrame volontairement retenu, imbu de lui-même, qui offre à Marion Cotillard (excellente comme toujours) un rôle accablé avec accent. Joaquin Phoenix semble faire une démonstration de Method Acting. Et la photo uniformément jaune tape sur le système. Beaucoup pour pas grand chose. BR Fr

Le week-end / Un week-end à Paris (Roger Michell, 2013) **
Loin d'être la romcom que le titre pourrait laisser penser, ce film sur le week-end parisien d'un couple de sexagénaires anglais (Lindsay Duncan et Jim Broadbent, excellents) se révèle être l'observation incisive de deux remises en question et de l'angoisse du temps qui passe. L'humour est bien présent mais c'est pour mieux rehausser la tristesse amère du propos. Ca pourrait être l'avant-dernier chapitre de la trilogie des "Before" de Richard Linklater. BR UK

Under the skin (Jonathan Glazer, 2013) **
Scarlett Johansson casse son image hollywoodienne et brille dans cet étrange film de SF, hybride de road movie existentiel et d'art project de galerie. Mais à trop vouloir trouver une approche originale (et ça, le film l'est vraiment) pour raconter son histoire, la pose s'installe hélas, avec l'ennui corollaire. C'est un film arty, c'est un film prétentieux, c'est aussi un film sensuel avec des images qui s'impriment en profondeur. Under your skin. BR UK 

Warm bodies / Warm bodies - Renaissance (Jonathan Levine, 2013) 0
Dans une ville post-apocalyptique, un jeune zombie en voie de réhumanisation s'éprend d'une jeune fille. Ca part d'une idée originale et sympathique mais cet hybride de romcom et d'horreur, évidemment inspiré des "Twilight", est tellement formaté pour les ados (avec les bons sentiments et l'accompagnement musical obligés) que j'ai fast-forwardé du milieu à la fin. Mais bon, je suis plus vraiment la cible client, alors je dis rien. BR UK

Calvary (John Michel McDonagh, 2013) *
Dans un village côtier près de Sligo, la semaine fatidique d'un prêtre et de quelques habitants malmenés par la vie. Ce film sombre sur la dynamique cyclique du Mal ne tient pas ses promesses, la faute à une écriture et des personnages trop affectés. Brendan Gleeson est (comme à son habitude) excellent en soutane et les images des paysages de l'ouest irlandais sont magnifiques. Un sujet intéressant affaibli par les artifices de son traitement. BR UK  

Le feu dans la peau (Marcel Blistène, 1954) *
Dans une ferme de Haute-Provence, le désir et la frustration s'exacerbent en huis-clos. Un film à papa qui, pour l'époque, pousse au maximum de ce que la décence permettait. Il y a des déshabillages et des empoignades, on y parle de soutien-gorge et de cocufiage et les dialogues sous-entendent une sexualité généreuse. Giselle Pascal, Raymond Pellegrin (très bon) et la petite allumeuse Nadine Basile s'y donnent la réplique, le feu au cul. DVD Z2 Fr 

The normal heart (Ryan Murphy, 2014) ***
Larry Kramer adapte sa pièce autobiographique de 1985 dans ce film HBO qui raconte, de 1981 et 1984, la réponse d'un petit groupe d'activistes gays de New York face à l'irruption du sida et au silence des pouvoirs publics. Enragé et bouleversant, il montre en face la mort qui se propage dans la communauté gay, la détresse et la colère dans son sillage. Avec des acteurs formidables, dont Mark Ruffalo, remarquable dans l'avatar de Kramer. BR US.