18 août 2014

Sylvia & Steve


Sylvia Lopez
Steve Reeves
Muscles and tears

Ercole e la regina di Lidia
Hercule et la reine de Lydie
Hercules unchained 
(Pietro Francisci, 1959)

6 août 2014

Bunuel redux


Film : Simon du Désert (Luis Bunuel, 1965)
Music : The Devil drives (Funki Porcini, 2011)

2 août 2014

Films vus par moi(s) : août 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Don Jon (Joseph Gordon-Levitt, 2013) **
Accro aux sites porno, un étudiant macho du New Jersey a des difficultés à s'engager dans une relation stable. Un sujet sérieux proche de "Shame" (McQueen, 2011) mais sur le mode de la comédie. Si le ton de la fin déséquilibre le film, la plupart des scènes sont bien écrites, drôles et étonnamment osées pour une production US. Scarlett Johansson est absolument formidable, Julianne Moore aussi. Une bonne surprise. BR Fr 

Le Diable probablement (Robert Bresson, 1977) *
Un étudiant parisien nihiliste et dégoûté du monde contemporain envisage le suicide. Le sujet est intéressant mais la forme bressonienne poussée à l'extrême (mouvement des corps désincarné, récitation des dialogues désaffectée) confine à la pose. Et les images d'archives de catastrophes écologiques sont lourdaudes. Reste le thème donc, ultra-bressonien lui aussi : la dévoration par le feu intérieur. A comparer au 'Feu follet" de Malle. DVD Z2 Fr

Fatal attraction / Liaison fatale (Adrian Lyne, 1987) **
Près de 30 ans plus tard (ah, les costumes et coiffures Eighties !), ce mémorable thriller psychologique marche toujours, grâce à son scénario parfaitement huilé (même si le grand-guignol de la toute fin est un gros faux-pas), sa réalisation efficace et surtout, le jeu de Michael Douglas, d'Anne Archer et, bien sûr, de Glenn Close en psychopathe. Le message social et moral ne fait pas dans la dentelle mais c'était les années Reagan, alors... BR US

Garden State (Zach Braff, 2004) **
Un twentysomething neurasthénique revient dans le New Jersey pour l'enterrement de sa mère et y retrouve des copains et l'envie de vivre. Une comédie douce-amère au ton et aux séquences trop fabriqués pour convaincre et d'un nombrilisme énervant mais qui réussit à faire fonctionner quelques moments sincèrement touchants. Natalie Portman illumine le film de sa grâce fragile. Maladroit (c'est un premier film) mais attachant au final. BR Fr

The bay (Barry Levinson, 2012) **
D'affreux insectes aquatiques sèment la panique et la mort dans un village côtier de la baie de Chesapeake. Tout est raconté sur le mode hybride documentaire-found footage par l'intermédiaire de caméras de toutes sortes (médias, smartphones, surveillance, Skype...) et le patchwork fonctionne en créant une tension progressive très bien menée. Au-delà du concept et de l'horreur, le message écologique ajoute un plus non négligeable. BR Allem

Rapture / La fleur de l'âge (John Guillermin, 1965) **
Quel film étrange que cette production US tournée en Bretagne avec le vieux Melvyn Douglas et les jeunes Patricia Gozzi (formidable, quel dommage qu'elle ait si vite balancé sa carrière) et Dean Stockwell qui jouent des Français en langue anglaise. Une histoire d'amour fou romano-gothique entre une adolescente perturbée, un fuyard séduisant et un père possessif. Original, esthétique et avec un score sublimement lyrique de Delerue. BR UK  

After Earth (M. Night Shyamalan, 2013) *
Un ahurissant coup de pouce égotique du couple Will et Jada Smith (lui : synopsis, acteur et producteur ; elle : productrice) à Jaden, leur ado de fils. Un père et son fils sont naufragés sur la Terre du futur retournée à l'état sauvage. Le père blessé guide à distance le fils vers leur délivrance. Si les paysages et les péripéties sont assez chouettes, le film est ruiné par les performances lamentables des deux acteurs, notamment celle de Smith Jr. BR Fr 

In the flesh. Series 1 & 2 (Dominic Mitchell / BBC, 2013-2014) ***
Une excellente série anglaise sur des zombies d'un village du Lancashire qui, sous contrôle médical, sont replacés chez eux. L'histoire tourne autour d'un jeune gay de 18 ans suicidé qui retrouve ses parents et sa soeur. Peu gore mais subtilement psychologique (tout en étant riche en suspense), c'est une métaphore intelligente sur le regard complexe de la société sur ses minorités (raciales, religieuses, sexuelles). Et sur la maladie. BR UK
    
L'affaire du collier de la Reine (Marcel L'Herbier, 1946) **
Un gros budget de l'immédiate après-guerre qui ne lésine pas sur les décors, costumes et figurants. L'escroquerie de la Comtesse de la Motte est racontée (assez justement) avec brio et sans temps mort dans cette production fastueuse qui fait la part belle à Viviane Romance, tour à tour séductrice, manipulatrice et époumonée dans une scène de châtiment impressionnante. Un bémol : une Marion Dorian, nulle en Marie-Antoinette. DVD Z2 Fr 

The Chapman Report / Les liaisons coupables (George Cukor, 1962) **
Un mélotrash de première inspiré par le Rapport Kinsey de 1953 (sur la sexualité des femmes US) autour de quatre californiennes (Shelley Winters, l'adulteresse ; Claire Bloom, la nymphomane ; Jane Fonda, la frigide ; Glynis Johns, la fantasmeuse), de leurs maris, amants et névroses. Le traitement rutilant (splendide Technicolor) jure avec le thème couillu pour l'époque et précipite le film dans le Camp. Absurde et furieusement réjouissant. DVD Z2 Esp

Bernie (Richard Linklater, 2011) ***
D'habitude je n'aime pas Jack Black mais ici il est génial dans le rôle d'un employé de pompes funèbres d'une petite ville du Texas, adoré de ses concitoyens et meurtrier d'une milliardaire acariâtre (Shirley MacLaine). Cette tragi-comédie basée sur un fait divers de 1996 fusionne habilement scènes narratives et faux-documentaire (hilarantes interviews des commères du coin aux impossibles accents texans). Un vrai bijou d'humour noir. BR Allem 

Tangled / Raiponce (Nathan Greno & Byron Howard, 2010) ***
Le début ne m'a pas convaincu mais petit à petit, je me suis laissé emporter par le charisme des personnages, l'excellente animation et la beauté kitsch et colorée des décors (un peu moins par les chansons). Au-delà du conte revu et corrigé par Disney de la princesse aux longs cheveux blonds, c'est la métaphore subtile sur les parents abusifs qui fait le piment du film. Et les caractérisations culottées d'un groupe de bears fans de comédies musicales. BR Fr

The erotic films of Peter de Rome (Peter de Rome, 1973) **
Une sélection de huit petits courts-métrages de Peter de Rome (1924-2014), l'un des pionniers du cinéma gay. Tournés en Super 8 entre 1969 et 1972 et destinés à des projections privées (puis sortis en salle en 1973), ils ont pavé la voie au porno gay des 70's. Leur intérêt est historique d'abord mais les lieux filmés (rues et métro de NY, parc de Londres...) et les scénarios liés aux scènes hard leur donne un aspect activiste surréaliste assez poétique. DVD UK

Fucking Amal (Lukas Moodysson, 1998) **
Un petit film suédois avec un grand coeur sur une lycéenne solitaire amoureuse d'une camarade de classe. Si on ne croit pas vraiment à l'issue proposée, il n'empêche que toutes les scènes, par les détails justes et bien vus de la vie et du comportement collectif des lycéens, donnent une fraîcheur très dynamique au film. Les jeunes acteurs sont tous excellents. On peut le rapprocher du très bon "Beautiful thing" britannique (1996). DVD Z2 Fr

Looper (Rian Johnson, 2012) *
Un film de SF (ici, un paradoxe temporel sur un tueur à gages qui doit se supprimer lui-même plus âgé) qui, c'est rare, n'abuse pas des effets spéciaux pour plutôt suivre ses personnages. Hélas, la Mafia du futur est de la partie donc il y a peut-être un millier de coups feu tirés au cours des 2h, ce qui fait beaucoup trop pour les nerfs et les oreilles. Le scénario a préféré l'action à la réflexion : un mauvais choix et un bon film potentiel loupé. BR Fr

Boyhood (Richard Linklater, 2014) ***
Des moments de la vie d'un garçon texan de ses 6 à ses 18 ans, et des siens. Le concept inédit du film (tourné entre 2002 et 2013 avec les mêmes acteurs) est fascinant et parfaitement maîtrisé. Au delà de la prouesse, toutes les étapes individuelles ou familiales présentées (dans un contexte 100 % américain) dressent un tableau universel de la marche inéluctable du Temps et du parcours des vivants. Comment ne pas s'y retrouver ? Cinéma
   
Diplomatie (Volker Schlöndorff, 2014) ***
Dans une suite de l'Hôtel Meurice la nuit du 24 août 1944, le consul suédois en France Nordling tente de dissuader le gouverneur nazi de Paris von Choltitz de donner l'ordre de dynamiter la ville comme Hitler lui a ordonné. Un huis clos à suspense captivant (sans être historiquement rigoureux) qui est aussi l'occasion d'apprécier deux styles de jeu radicalement opposés : instinctif avec Niels Arestrup (extra) et contrôlé avec André Dussollier. BR Fr

4 juillet 2014

Films vus par moi(s) : juillet 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Reunion / L'ami retrouvé (Jerry Schatzberg, 1989) **
Un beau film sur le parcours d'une amitié confrontée à l'Histoire, celle de deux lycéens allemands à Stuttgart au début des années 30, l'un petit bourgeois juif, l'autre aristocrate aryen. Construit autour d'un long flashback encadré par deux parties modernes, les quelques effets stylistiques simplistes qui l'alourdissent ne réusssissent pas à en affaiblir l'ensemble, qui se cristallise en un final bouleversant. Harold Pinter en a écrit le scénario. BR Fr

The Bling Ring (Sofia Coppola, 2013) ***
A Los Angeles, quatre filles et un garçon high schoolers s'introduisent dans des maisons de people pour voler des fringues et accessoires de luxe. D'après une affaire réelle, un film cool et souvent drôle mais au propos sérieux et désabusé sur la fascination pour le paraître et la célébrité dont souffrent irrémédiablement certains ados d'aujourd'hui (et leurs modèles), manipulés par les médias. Un étonnant mélange de vacuité et de profondeur. BR Fr

Dawn of the Planet of the Apes /  La Planète des Singes : l'affrontement (Matt Reeves, 2014) **
Une fois qu'on a salué les dėcors, les CGI et la Motion Capture, vraiment remarquables, on regrette le formatage industriel du scėnario (les bons, le méchant, la famille) et le manque total de charisme des personnages humains et des acteurs qui les incarnent. Il n'y a plus de surprise et on s'étonne de s'ennuyer, le comble avec un sujet pareil. Bien moins bon que le prėcėdent mais les singes valent quand même le détour, donc **. Cinėma

How to train your dragon 2 / Dragons 2 (Dean DeBlois, 2014) ***
Ce deuxième volet suit le chemin d'un scėnario convenu (menace, conflit, triomphe) mais offre une suite ininterrompue de moments de bravoure visuels, que ce soit dans l'animation de l'action et des voltiges ou, plus encore, dans les formidables dėcors, tous plus exaltants les uns que les autres. En 3D, le spectacle est complet. Un tour de force technique qui rėussit aussi à laisser passer une certaine ėmotion. Cinėma 3D

Trolljegeren / Troll hunter (André Ovredal, 2010) *
Un found footage de trois étudiants qui suivent un chasseur de trolls en Norvège. Le déséquilibre du concept pose problème (on navigue sans cesse entre le réalisme horrifique du genre et le grotesque des trolls géants) mais il faut reconnaître que la satire de la culture et de la société norvégiennes est bien vue et que les décors naturels (fjords, forêts, toundra), rarement exploités au cinéma, sont intéressants. Bancal mais sympathique. BR Fr    

Silver linings playbook / Happiness therapy (David O. Russell, 2012) **
Une comédie romantique réussie dont l'originalité est que les deux protagonistes (Bradley Copper et Jennifer Lawrence, très bons) ont des problèmes psychiques. Le postulat plutôt douteux (la maladie mentale comme source de comédie) fonctionne grâce à la tendresse du point de vue et au tact de l'écriture qui évoque sans sensationnalisme des pathologies complexes. Mention aux seconds rôles, Robert de Niro et Jacky Weaver. BR Fr

Lore (Cate Shortland, 2012) ***
Mai 1945 : juste après l'effondrement du Reich, une adolescente et ses quatre jeunes frères et soeurs dont les parents nazis ont fui, traversent l'Allemagne rurale pour aller chez leur grand-mère près d'Hambourg. Sur un schéma de film post-apocalyptique, un puissant drame de la destruction de l'innocence et des idéaux. A la fois sensible, brutale et (trop ?) magnifiquement photographiée, l'odyssée implacable d'une révélation. DVD Z2 Pays Bas 

Only lovers left alive (Jim Jarmusch, 2013) *
La tranche de vie d'un couple de vampires séculaires. Les bons points : l'atmosphère nocturne de Detroit à l'abandon et de Tanger moite, la beauté de la photo, le look archistylé de Tilda Swinton (fascinante comme toujours). Les mauvais points : le scénario sans direction et l'omniprésence de l'élément musical (le vampire est un musicos alternatif), insipide et forcé, qui sert les obsessions de Jarmusch mais rien d'autre. Ennui poli donc. BR Fr

Bird people (Pascale Ferran, 2014) ***
A l'hôtel Hilton de l'aéroport CDG, un businessman californien fait un burn-out tandis qu'une étudiante femme de chambre s'ennuie d'un quotidien monotone. A partir de ces deux personnages (les acteurs sont excellents), Pascale Ferran dresse avec subtilité un état de la civilisation contemporaine. A mi-chemin, une échappée inattendue vers le fantastique fait basculer le film vers le conte dans un geste d'une sublime poésie. Admirable. Cinéma  

A hard day's night / Quatre garçons dans le vent (Richard Lester, 1964) **
L'insouciance est à son maximum avec cette pochade minimaliste (une journée des Beatles avant un show TV) qui multiplie les situations loufoques. John, Paul, George et Ringo s'amusent à se jouer avec un humour absurde tout british. Ils chantent aussi quelques tubes of course. Les meilleures scènes sont celles avec les jeunes fans hystériques et la promenade solitaire de Ringo. Très original à l'époque et d'un autre temps aujourd'hui. BR US

I am Divine (Jeffrey Schwarz, 2013) **
Un doc de facture classique, plein de témoignages de proches et de documents d'archives, sur la vie (un peu) et la carrière (beaucoup) d'Harris Glenn Milstead (1945-1988) aka. Divine, la star des meilleurs films de John Waters. Du garçon timide et enrobé de Baltimore à l'outrageuse drag queen obèse des clubs de NY et des plateaux de Hollywood, une histoire d'éclosion, de génie créatif et de provocation anarchiste. Il/Elle me manque. DVD Z1 US 

28 juin 2014

Learn to feel: New Age Joan


Les sages paroles et la philosophie battante de Joan Crawford sont capturées pour toute éternité dans ce montage en musique d'extraits choisis de son Town Hall interview du 8 avril 1973. J'écoute, j'entends et je m'en lasse pas.

Merci à Steve Sando pour en avoir eu l'idée et à Dj DeMille pour l'avoir mis en images sur YouTube.

7 juin 2014

Once upon a dream redux

La version chouettement atmosphérique de Lana del Rey de "Once upon a dream" pour le générique final de Maleficent. J'aime bien ce que fait cette fille.

1 juin 2014

Films vus par moi(s) : juin 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Kill list (Ben Wheatley, 2011) *
Il y a du suspense et de la rage dans ce film anglais sur un ex-militaire au chômage qui accepte avec un ami une mission de tueur à gages. La mise en scène tendue à l'extrême ménage les respirations entre quelques scènes de violence. Mais la fin qui lorgne maladroitement vers un classique bis des années 70 (et qu'on voit venir de loin) semble comme greffée sur une autre histoire et rompt l'équilibre. Les acteurs sont uniformément excellents. BR Allem

Die Wand / Le mur invisible (Julian Pölsler, 2012) *
Adaptation du roman culte de Marlen Haushofer. Dans les Alpes d'Autriche, une femme (Martina Gedeck) se retrouve coupée du Monde par un mur invisible infranchissable et organise sa vie avec quelques animaux pour compagnie. Et la Nature des forêts et alpages, magnifiquement filmée au rythme des saisons. Une métaphore existentielle d'un hermétisme rebutant, plombée par l'omniprésente voix off de la narratrice qui écrit son journal. DVD Z2 Pays Bas 

Philomena (Stephen Frears, 2013) ***
On ne peut pas quitter Judi Dench des yeux quand elle est à l'écran : chaque intonation, geste et frémissement montrent à quel point c'est une formidable actrice. Elle porte ce film très émouvant (et drôle aussi) sur une retraitée qui tente avec un journaliste (Steve Coogan, excellent) de retrouver le fils qui lui a été enlevé 50 ans plus tôt. Comme toujours, la mise en scène de Frears distille subtilement grâce et tension, qui conviennent parfaitement au sujet. BR Fr

That thing you do! (Tom Hanks, 1996) 0
En 1964, quatre copains d'un groupe amateur d'une petite ville de Pennsylvanie connaissent le succès avec un hit pop qui les conduit à Los Angeles. Un film mignon, d'une nostalgie propre et insipide comme le Tom Hanks des années 90 pouvait l'être, jusqu'à l'overdose. Le tube inspiré des Beatles, au bout de la 10e fois qu'on nous le sert, donne envie de vomir. Par contre Liv Tyler, au début de sa carrière, était une apparition miraculeuse. BR US

Pompeii / Pompéi (Paul W.S. Anderson, 2014) **
Je suis généreux avec celui-là mais si le scénario truffé de clichés et d'énormités historiques et volcanologiques laisse à désirer (toutes ces scènes de combat, enfin !), j'avoue que l'énergie de l'ensemble et surtout le grand spectacle CGI en 3D qu'offre la dernière demi-heure m'ont fait passer un bon moment de pur entertainment. Evidemment, on se prend à rêver de ce qu'en aurait fait Polanski, qui a eu quelque temps le projet en main. BR 3D Fr

Kill your darlings (John Krokidas, 2013) *
Dans les Forties, la rencontre sur le campus de Columbia des pères de la Beat Generation, leurs défiances rebelles et leurs rapports tumultueux, cristallisés autour d'un meurtre gay (l'affaire Kammerer). La réalisation est monotonement prévisible et la volonté de Daniel Radcliffe (en Allen Ginsberg) de vouloir briser son image d'Harry Potter est criante. Mais bon, Ginsberg, Burroughs et Kerouac n'ont jamais vraiment été ma tasse de thé... BR UK 

Dersou Ouzala (Akira Kurosawa, 1975) ***
Il ne se passe pas grand chose dans cette histoire magnifique sur l'amitié entre deux hommes, le géographe Arseniev et son guide-chasseur Dersou, dans la taïga de l'Extrême-Orient russe des années 1900 mais l'humanisme universel du propos, la spectaculaire beauté de la photographie en 70mm (la Nature est un personnage à part entière) et l'excellence des deux principaux acteurs sont magnétiques. Un beau film, d'une rare et bouleversante pureté. Cinémathèque

Le congrès (Ari Folman, 2013) ***
Je suis un peu sorti du film au moment où on passe à l'animation mais la première partie est tellement forte et le sujet riche (dans un futur proche, les acteurs numérisés remplacent les vrais et les individus peuvent vivre virtuellement l'identité qu'ils veulent) que c'est l'enthousiasme qui l'a emporté. Robin Wright est formidable dans un rôle complexe et risqué (elle joue Robin Wright et son avatar animé). De la SF intelligente et émouvante. BR Fr 

The miracle of the bells / Le miracle des cloches (Irving Pichel, 1948) *
Un vraie curiosité que ce mélodrame catholico-marxiste dans lequel une jeune actrice (Alida Valli, aussi belle que mauvaise) qui vient de tourner "Joan of Arc" à Hollywood meurt de tuberculose et se fait enterrer dans la paroisse minière du prêtre Frank Sinatra par l'agent Fred MacMurray qui monte un coup de comm' autour de son cercueil et de cloches d'églises. Tout ce fatras est d'une étonnante morbidité et d'un sens incertain. Inclassable. BR US

A field in England / English Revolution (Ben Wheatley, 2013) 0
Pendant la Guerre Civile anglaise (l'époque de Cromwell), trois déserteurs et un dévôt traversent un champ dans lequel ils rencontrent un mystérieux aristocrate. Ils ingurgitent aussi des champignons. Le splendide N&B et la beauté de certains plans ne compensent pas l'effarante inanité du scénario et la pauvreté de certains effets visuels. On s'ennuie du début à la fin de ce film prétentieusement arty. Un ratage complet, inexcusable. BR Allem

How to train your dragon / Dragons (Dean DeBois & Chris Sanders, 2010) **
Le film (une animation DreamWorks) raconte son histoire linéaire et sympathique (un jeune Viking apprivoise un dragon) sans grande surprise mais fait la part belle à l'animation, formidablement réussie. Les décors et les dragons sont un enchantement, notamment les attitudes félines du dragon du héros et les séquences de voltige avec la bête. Si le scénario n'a pas la profondeur qu'on aurait aimée, le spectacle à lui seul vaut le détour. BR 3D Fr

A cottage on Dartmoor (Anthony Asquith, 1929) ***
Deux séquences brillantes (dans une salle de cinéma où la caméra regarde les visages des spectateurs et dans une scène de suspense sur un fauteuil de coiffeur) sont les sommets de ce film britannique de l'extrême fin du muet autour d'une histoire d'amour fou et de jalousie. D'un banal mélodrame, Asquit tire une oeuvre pleine de fulgurances visuelles, inspirées mais pas copiées d'Eisenstein et d'Hitchcock. Avec d'excellents acteurs. DVD Z2 UK

Pacific rim (Guillermo del Toro, 2013) *
Un gros film pop corn pas désagréable et qui s'oublie aussitôt vu. Des monstres lovecraftiens (sortes d'énormes crustacés-poissons) surgissent d'une faille océanique près de Hong-Kong pour détruire l'Humanité qui construit d'énormes robots pour les combattre. Et ça se met sur la gueule à tout va. Les combats sont peu lisibles dans leur démesure et les complexes interfamiliaux apportent la touche de gravité requise. Décérébré. BR Fr

Phantom of The Paradise (Brian de Palma, 1974) ***
Malgré ses faiblesses (la fin expédiée, la jeu médiocre de Jessica Harper), ce film culte des Seventies garde un fascinant pouvoir d'attraction grâce à son look et à son esprit Glam Rock, à sa réalisation malicieuse, pleine de références littéraires, cinéphiles et musicales et à la flamboyance de l'ensemble, portée les prestations gratinées des acteurs. Et à ses morceaux musicaux évidemment, tous inoubliables. On peut le revoir sans modération. BR Fr

Her (Spike Jonze, 2013) **
Une fable originale (dans un futur proche, un homme seul tombe amoureux de la voix féminine du système d'exploitation de son ordinateur) sur de multiples sujets brûlants (la solitude affective, la confusion entre virtuel et réel) qui tient toutefois l'émotion un peu trop à distance. Joaquin Phoenix, dans un rôle écrasant, est exceptionnel mais les gloussements de rire de la voix (Scarlett Johansson) dans chacune de ses phrases m'ont saoulé. BR US

Untold history of the United States / Les Etats Unis : l'histoire jamais racontée (Oliver Stone, 2012) **
Produit par Showtime, un documentaire fleuve (10 épisodes de 45') sur la politique étrangère des USA  de Pearl Harbour à nos jours. Hiroshima, la Guerre Froide, le Vietnam, JFK, les années Reagan et Bush, 9/11, Obama... sont passés à la moulinette visuelle et verbale d'Oliver Stone, qui démolit les mythes consacrés par l'histoire officielle US. Seuls restent debout ses quelques héros : Wallace, JFK, Gorbatchev. Passionnément gauchisant. BR US 

Metropolitan (Whit Stillman, 1990) **
Les rencontres et soirées d'un petit groupe de jeunes débutants hauts-bourgeois de Manhattan qui accueille un étudiant à sensibilité "socialiste". Le petit budget est compensé par l'écriture des dialogues et le jeu des connections entre les personnages (le film fait souvent penser à Rohmer). On navigue entre théâtre, sitcom et new-wave avec ce ton très particulier du réalisateur, dont c'était le premier film. Beaucoup de charme et de tendresse. BR US

This is the end / C'est la fin (Evan Goldberg, Seth Rogen, 2013) 0
Retranchés dans la maison de James Franco à L.A., les acteurs habitués des films de Judd Apatow (Jonah Hill, Seth Rogen...) sont confrontés à l'Apocalypse. Une comédie catastrophe où les personnages sont les acteurs jouant leurs propres rôles. On sent qu'ils s'amusent comme des fous avec leurs vannes pipi-caca et les clins d'oeil à leur univers professionnel mais le concept ne tient pas la route sur 1h45. Pour les fans irréductibles seulement. BR UK   

Theatre of blood / Théâtre de sang (Douglas Hickhox, 1973) ***
Une idée de scénario géniale : un acteur de théâtre has been et frustré tue ses critiques ennemis en s'inspirant des meurtres des pièces de Shakespeare. Le film est un véritable festival de camp, mené par un Vincent Price en pleine forme dans les costumes de plusieurs personnages shakespeariens et accompagné d'un casting étincelant (Robert Morley, Coral Browne, Diana Rigg...). Du second degré très fun et malin comme tout. BR UK