4 juillet 2014

Films vus par mois(s) : juillet 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

The Bling Ring (Sofia Coppola, 2013) ***
A Los Angeles, quatre filles et un garçon high schoolers s'introduisent dans des maisons de people pour voler des fringues et accessoires de luxe. D'après une affaire réelle, un film cool et souvent drôle mais au propos sérieux et désabusé sur la fascination pour le paraître et la célébrité dont souffrent irrémédiablement certains ados d'aujourd'hui (et leurs modèles), manipulés par les médias. Un étonnant mélange de vacuité et de profondeur. BR Fr

Dawn of the Planet of the Apes /  La Planète des Singes : l'affrontement (Matt Reeves, 2014) **
Une fois qu'on a salué les dėcors, les CGI et la Motion Capture, vraiment remarquables, on regrette le formatage industriel du scėnario (les bons, le méchant, la famille) et le manque total de charisme des personnages humains et des acteurs qui les incarnent. Il n'y a plus de surprise et on s'étonne de s'ennuyer, le comble avec un sujet pareil. Bien moins bon que le prėcėdent mais les singes valent quand même le détour, donc **. Cinėma

How to train your dragon 2 / Dragons 2 (Dean DeBlois, 2014) ***
Ce deuxième volet suit le chemin d'un scėnario convenu (menace, conflit, triomphe) mais offre une suite ininterrompue de moments de bravoure visuels, que ce soit dans l'animation de l'action et des voltiges ou, plus encore, dans les formidables dėcors, tous plus exaltants les uns que les autres. En 3D, le spectacle est complet. Un tour de force technique qui rėussit aussi à laisser passer une certaine ėmotion. Cinėma 3D

Trolljegeren / Troll hunter (André Ovredal, 2010) *
Un found footage de trois étudiants qui suivent un chasseur de trolls en Norvège. Le déséquilibre du concept pose problème (on navigue sans cesse entre le réalisme horrifique du genre et le grotesque des trolls géants) mais il faut reconnaître que la satire de la culture et de la société norvégiennes est bien vue et que les décors naturels (fjords, forêts, toundra), rarement exploités au cinéma, sont intéressants. Bancal mais sympathique. BR Fr    

Silver linings playbook / Happiness therapy (David O. Russell, 2012) **
Une comédie romantique réussie dont l'originalité est que les deux protagonistes (Bradley Copper et Jennifer Lawrence, très bons) ont des problèmes psychiques. Le postulat plutôt douteux (la maladie mentale comme source de comédie) fonctionne grâce à la tendresse du point de vue et au tact de l'écriture qui évoque sans sensationnalisme des pathologies complexes. Mention aux seconds rôles, Robert de Niro et Jacky Weaver. BR Fr

Lore (Cate Shortland, 2012) ***
Mai 1945 : juste après l'effondrement du Reich, une adolescente et ses quatre jeunes frères et soeurs dont les parents nazis ont fui, traversent l'Allemagne rurale pour aller chez leur grand-mère près d'Hambourg. Sur un schéma de film post-apocalyptique, un puissant drame de la destruction de l'innocence et des idéaux. A la fois sensible, brutale et (trop ?) magnifiquement photographiée, l'odyssée implacable d'une révélation. DVD Z2 Pays Bas 

Only lovers left alive (Jim Jarmusch, 2013) *
La tranche de vie d'un couple de vampires séculaires. Les bons points : l'atmosphère nocturne de Detroit à l'abandon et de Tanger moite, la beauté de la photo, le look archistylé de Tilda Swinton (fascinante comme toujours). Les mauvais points : le scénario sans direction et l'omniprésence de l'élément musical (le vampire est un musicos alternatif), insipide et forcé, qui sert les obsessions de Jarmusch mais rien d'autre. Ennui poli donc. BR Fr

Bird people (Pascale Ferran, 2014) ***
A l'hôtel Hilton de l'aéroport CDG, un businessman californien fait un burn-out tandis qu'une étudiante femme de chambre s'ennuie d'un quotidien monotone. A partir de ces deux personnages (les acteurs sont excellents), Pascale Ferran dresse avec subtilité un état de la civilisation contemporaine. A mi-chemin, une échappée inattendue vers le fantastique fait basculer le film vers le conte dans un geste d'une sublime poésie. Admirable. Cinéma  

A hard day's night / Quatre garçons dans le vent (Richard Lester, 1964) **
L'insouciance est à son maximum avec cette pochade minimaliste (une journée des Beatles avant un show TV) qui multiplie les situations loufoques. John, Paul, George et Ringo s'amusent à se jouer avec un humour absurde tout british. Ils chantent aussi quelques tubes of course. Les meilleures scènes sont celles avec les jeunes fans hystériques et la promenade solitaire de Ringo. Très original à l'époque et d'un autre temps aujourd'hui. BR US

I am Divine (Jeffrey Schwarz, 2013) **
Un doc de facture classique, plein de témoignages de proches et de documents d'archives, sur la vie (un peu) et la carrière (beaucoup) d'Harris Glenn Milstead (1945-1988) aka. Divine, la star des meilleurs films de John Waters. Du garçon timide et enrobé de Baltimore à l'outrageuse drag queen obèse des clubs de NY et des plateaux de Hollywood, une histoire d'éclosion, de génie créatif et de provocation anarchiste. Il/Elle me manque. DVD Z1 US 

28 juin 2014

Learn to feel: New Age Joan


Les sages paroles et la philosophie battante de Joan Crawford sont capturées pour toute éternité dans ce montage en musique d'extraits choisis de son Town Hall interview du 8 avril 1973. J'écoute, j'entends et je m'en lasse pas.

Merci à Steve Sando pour en avoir eu l'idée et à Dj DeMille pour l'avoir mis en images sur YouTube.

7 juin 2014

Once upon a dream redux

La version chouettement atmosphérique de Lana del Rey de "Once upon a dream" pour le générique final de Maleficent. J'aime bien ce que fait cette fille.

1 juin 2014

Films vus par moi(s) : juin 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Kill list (Ben Wheatley, 2011) *
Il y a du suspense et de la rage dans ce film anglais sur un ex-militaire au chômage qui accepte avec un ami une mission de tueur à gages. La mise en scène tendue à l'extrême ménage les respirations entre quelques scènes de violence. Mais la fin qui lorgne maladroitement vers un classique bis des années 70 (et qu'on voit venir de loin) semble comme greffée sur une autre histoire et rompt l'équilibre. Les acteurs sont uniformément excellents. BR Allem

Die Wand / Le mur invisible (Julian Pölsler, 2012) *
Adaptation du roman culte de Marlen Haushofer. Dans les Alpes d'Autriche, une femme (Martina Gedeck) se retrouve coupée du Monde par un mur invisible infranchissable et organise sa vie avec quelques animaux pour compagnie. Et la Nature des forêts et alpages, magnifiquement filmée au rythme des saisons. Une métaphore existentielle d'un hermétisme rebutant, plombée par l'omniprésente voix off de la narratrice qui écrit son journal. DVD Z2 Pays Bas 

Philomena (Stephen Frears, 2013) ***
On ne peut pas quitter Judi Dench des yeux quand elle est à l'écran : chaque intonation, geste et frémissement montrent à quel point c'est une formidable actrice. Elle porte ce film très émouvant (et drôle aussi) sur une retraitée qui tente avec un journaliste (Steve Coogan, excellent) de retrouver le fils qui lui a été enlevé 50 ans plus tôt. Comme toujours, la mise en scène de Frears distille subtilement grâce et tension, qui conviennent parfaitement au sujet. BR Fr

That thing you do! (Tom Hanks, 1996) 0
En 1964, quatre copains d'un groupe amateur d'une petite ville de Pennsylvanie connaissent le succès avec un hit pop qui les conduit à Los Angeles. Un film mignon, d'une nostalgie propre et insipide comme le Tom Hanks des années 90 pouvait l'être, jusqu'à l'overdose. Le tube inspiré des Beatles, au bout de la 10e fois qu'on nous le sert, donne envie de vomir. Par contre Liv Tyler, au début de sa carrière, était une apparition miraculeuse. BR US

Pompeii / Pompéi (Paul W.S. Anderson, 2014) **
Je suis généreux avec celui-là mais si le scénario truffé de clichés et d'énormités historiques et volcanologiques laisse à désirer (toutes ces scènes de combat, enfin !), j'avoue que l'énergie de l'ensemble et surtout le grand spectacle CGI en 3D qu'offre la dernière demi-heure m'ont fait passer un bon moment de pur entertainment. Evidemment, on se prend à rêver de ce qu'en aurait fait Polanski, qui a eu quelque temps le projet en main. BR 3D Fr

Kill your darlings (John Krokidas, 2013) *
Dans les Forties, la rencontre sur le campus de Columbia des pères de la Beat Generation, leurs défiances rebelles et leurs rapports tumultueux, cristallisés autour d'un meurtre gay (l'affaire Kammerer). La réalisation est monotonement prévisible et la volonté de Daniel Radcliffe (en Allen Ginsberg) de vouloir briser son image d'Harry Potter est criante. Mais bon, Ginsberg, Burroughs et Kerouac n'ont jamais vraiment été ma tasse de thé... BR UK 

Dersou Ouzala (Akira Kurosawa, 1975) ***
Il ne se passe pas grand chose dans cette histoire magnifique sur l'amitié entre deux hommes, le géographe Arseniev et son guide-chasseur Dersou, dans la taïga de l'Extrême-Orient russe des années 1900 mais l'humanisme universel du propos, la spectaculaire beauté de la photographie en 70mm (la Nature est un personnage à part entière) et l'excellence des deux principaux acteurs sont magnétiques. Un beau film, d'une rare et bouleversante pureté. Cinémathèque

Le congrès (Ari Folman, 2013) ***
Je suis un peu sorti du film au moment où on passe à l'animation mais la première partie est tellement forte et le sujet riche (dans un futur proche, les acteurs numérisés remplacent les vrais et les individus peuvent vivre virtuellement l'identité qu'ils veulent) que c'est l'enthousiasme qui l'a emporté. Robin Wright est formidable dans un rôle complexe et risqué (elle joue Robin Wright et son avatar animé). De la SF intelligente et émouvante. BR Fr 

The miracle of the bells / Le miracle des cloches (Irving Pichel, 1948) *
Un vraie curiosité que ce mélodrame catholico-marxiste dans lequel une jeune actrice (Alida Valli, aussi belle que mauvaise) qui vient de tourner "Joan of Arc" à Hollywood meurt de tuberculose et se fait enterrer dans la paroisse minière du prêtre Frank Sinatra par l'agent Fred MacMurray qui monte un coup de comm' autour de son cercueil et de cloches d'églises. Tout ce fatras est d'une étonnante morbidité et d'un sens incertain. Inclassable. BR US

A field in England / English Revolution (Ben Wheatley, 2013) 0
Pendant la Guerre Civile anglaise (l'époque de Cromwell), trois déserteurs et un dévôt traversent un champ dans lequel ils rencontrent un mystérieux aristocrate. Ils ingurgitent aussi des champignons. Le splendide N&B et la beauté de certains plans ne compensent pas l'effarante inanité du scénario et la pauvreté de certains effets visuels. On s'ennuie du début à la fin de ce film prétentieusement arty. Un ratage complet, inexcusable. BR Allem

How to train your dragon / Dragons (Dean DeBois & Chris Sanders, 2010) **
Le film (une animation DreamWorks) raconte son histoire linéaire et sympathique (un jeune Viking apprivoise un dragon) sans grande surprise mais fait la part belle à l'animation, formidablement réussie. Les décors et les dragons sont un enchantement, notamment les attitudes félines du dragon du héros et les séquences de voltige avec la bête. Si le scénario n'a pas la profondeur qu'on aurait aimée, le spectacle à lui seul vaut le détour. BR 3D Fr

A cottage on Dartmoor (Anthony Asquith, 1929) ***
Deux séquences brillantes (dans une salle de cinéma où la caméra regarde les visages des spectateurs et dans une scène de suspense sur un fauteuil de coiffeur) sont les sommets de ce film britannique de l'extrême fin du muet autour d'une histoire d'amour fou et de jalousie. D'un banal mélodrame, Asquit tire une oeuvre pleine de fulgurances visuelles, inspirées mais pas copiées d'Eisenstein et d'Hitchcock. Avec d'excellents acteurs. DVD Z2 UK

Pacific rim (Guillermo del Toro, 2013) *
Un gros film pop corn pas désagréable et qui s'oublie aussitôt vu. Des monstres lovecraftiens (sortes d'énormes crustacés-poissons) surgissent d'une faille océanique près de Hong-Kong pour détruire l'Humanité qui construit d'énormes robots pour les combattre. Et ça se met sur la gueule à tout va. Les combats sont peu lisibles dans leur démesure et les complexes interfamiliaux apportent la touche de gravité requise. Décérébré. BR Fr

Phantom of The Paradise (Brian de Palma, 1974) ***
Malgré ses faiblesses (la fin expédiée, la jeu médiocre de Jessica Harper), ce film culte des Seventies garde un fascinant pouvoir d'attraction grâce à son look et à son esprit Glam Rock, à sa réalisation malicieuse, pleine de références littéraires, cinéphiles et musicales et à la flamboyance de l'ensemble, portée les prestations gratinées des acteurs. Et à ses morceaux musicaux évidemment, tous inoubliables. On peut le revoir sans modération. BR Fr

Her (Spike Jonze, 2013) **
Une fable originale (dans un futur proche, un homme seul tombe amoureux de la voix féminine du système d'exploitation de son ordinateur) sur de multiples sujets brûlants (la solitude affective, la confusion entre virtuel et réel) qui tient toutefois l'émotion un peu trop à distance. Joaquin Phoenix, dans un rôle écrasant, est exceptionnel mais les gloussements de rire de la voix (Scarlett Johansson) dans chacune de ses phrases m'ont saoulé. BR US

Untold history of the United States / Les Etats Unis : l'histoire jamais racontée (Oliver Stone, 2012) **
Produit par Showtime, un documentaire fleuve (10 épisodes de 45') sur la politique étrangère des USA  de Pearl Harbour à nos jours. Hiroshima, la Guerre Froide, le Vietnam, JFK, les années Reagan et Bush, 9/11, Obama... sont passés à la moulinette visuelle et verbale d'Oliver Stone, qui démolit les mythes consacrés par l'histoire officielle US. Seuls restent debout ses quelques héros : Wallace, JFK, Gorbatchev. Passionnément gauchisant. BR US 

Metropolitan (Whit Stillman, 1990) **
Les rencontres et soirées d'un petit groupe de jeunes débutants hauts-bourgeois de Manhattan qui accueille un étudiant à sensibilité "socialiste". Le petit budget est compensé par l'écriture des dialogues et le jeu des connections entre les personnages (le film fait souvent penser à Rohmer). On navigue entre théâtre, sitcom et new-wave avec ce ton très particulier du réalisateur, dont c'était le premier film. Beaucoup de charme et de tendresse. BR US

This is the end / C'est la fin (Evan Goldberg, Seth Rogen, 2013) 0
Retranchés dans la maison de James Franco à L.A., les acteurs habitués des films de Judd Apatow (Jonah Hill, Seth Rogen...) sont confrontés à l'Apocalypse. Une comédie catastrophe où les personnages sont les acteurs jouant leurs propres rôles. On sent qu'ils s'amusent comme des fous avec leurs vannes pipi-caca et les clins d'oeil à leur univers professionnel mais le concept ne tient pas la route sur 1h45. Pour les fans irréductibles seulement. BR UK   

Theatre of blood / Théâtre de sang (Douglas Hickhox, 1973) ***
Une idée de scénario géniale : un acteur de théâtre has been et frustré tue ses critiques ennemis en s'inspirant des meurtres des pièces de Shakespeare. Le film est un véritable festival de camp, mené par un Vincent Price en pleine forme dans les costumes de plusieurs personnages shakespeariens et accompagné d'un casting étincelant (Robert Morley, Coral Browne, Diana Rigg...). Du second degré très fun et malin comme tout. BR UK

Marilyn's birthday



1 juin 2014 : Marilyn aurait eu 88 ans aujourd'hui.

18 mai 2014

"Je vous déteste les hommes" par Nila Cara, 1943


Nila Cara (1916-1999) a enregistré en 1943 sa version de la torch-song "Je vous déteste les hommes" (Raoul Moretti, Abel Gance) dont l'original est chanté par Viviane Romance dans le mélodrame over the top d'Abel Gance, "Vénus aveugle" de 1941.

Les voix et les arrangements des deux versions sont très différents : Viviane Romance, c'est Viviane Romance (pas mal du tout dans le film) mais j'adore la voix rauque et cassée et le tempo décadent de la version Nila Cara. Quant aux paroles d'Abel Gance, elles valent leur pesant d'or.

15 mai 2014

Friedrich Wilhelm & Johnny


Improbable rencontre ? F.W. Murnau et Johnny Weismuller à Hollywood.